Limont : la ferme

     

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Limont : la ferme en 1925

L'existence d'un cimetière gallo-romain au Fostin démontre que l'histoire de Limont nous reporte au début de l'ère chrétienne. Il faudra cependant attendre les premiers écrits sur la seigneurie de La Chapelle pour certifier l'existence du village. Le territoire de l'ancienne commune de Tavier était divisé au Moyen Age en plusieurs seigneuries : Tavier, Baugnée et La Chapelle qui dépendaient du duché de Limbourg, Xhos, Sart et Ouchenée de la Principauté de Liège. Elles possédaient toutes leur administration et leur Cour de justice.

La Chapelle, une des sept seigneuries «d'au-delà des bois», était la plus importante et regroupait Limont, Hestreux, Petit et Grand Berleur. L'alleu existait déjà en 1245.

Dominé au Sud par une colline et commandant un vallon arrosé par le ruisseau de la Magrée, le château-ferme est un important et remarquable ensemble en quadrilatère regroupant des bâtiments du XVe siècle au XIXe siècle.  Le portail d'entrée Sud s'inscrit dans une aile du XVIe siècle qui abrite également des étables.  L'extrémité de l'aile a été aménagée au XIXe siècle  en habitation pour le fermier.

L'aile Nord est certainement la plus intéressante.  A l'extrémité de l'aile, la maison forte du début du XVe siècle est une haute construction de trois niveaux, peu profonde. La partie gauche du bâtiment est accessible, côté cour, par une porte cintrée autrefois jumelée à une seconde transformée en fenêtre. Au centre, une travée de fenêtres à croisée, celle du troisième niveau décalée, illumine la façade. La partie droite est précédée d'une courte volée d'escaliers, une porte cintrée donnant accès à une chapelle. Des ouvertures de tir sont visibles dans le choeur abrité dans une tour circulaire, coiffée d'un pavillon d'ardoises à huit pans et appuyée contre la façade arrière. A l'étage de la tour, la fenêtre à linteau demi-circulaire domine la vallée.

Entre cette construction et l'important corps de logis, le bâtiment de deux niveaux abrite des garages. Suit le logis en double corps proprement dit avec sa façade avant en briques blanchies, reconstruit en 1808.  La travée centrale est surmontée d'un fronton triangulaire daté et portant le nom : «M.I.D. DE DONNEA». A l'arrière, nous trouvons une maçonnerie en moellons de calcaire et de grès avec la travée centrale largement en avant-corps.  L'aile Nord se termine par une importante et remarquable grange du XVIe siècle, dont la maçonnerie est composée de moellons calcaire assisés. L'entrée charretière à clé est datée de 1597. Longeant toute cette aile, une large terrasse est soutenue par un haut mur de calcaire et de grès. Au centre, une avancée semi ­circulaire est flanquée de doubles volées d'escaliers.

Pour terminer cette brève description de l'ensemble, nous nous arrêterons à la tour d'angle carrée toujours en moellons de grès et calcaire. Les baies ont été refaites au XIXe siècle et, à l'étage, on remarque des traces d'anciennes ouvertures de tir et de petites fenêtres bouchées. Elle se termine par un haut pavillon d'ardoises à quatre pans et d'un couronnement pyramidal surmonté d'une girouette.