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Tavier : le village classé et l'église Saint-Martin
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Quelques objets tels une hache de pierre de l'époque néolithique ou une hache de fer de l'époque mérovingienne témoignent de la présence ancestrale de l'homme sur ces terres. Il faut attendre 814-816 pour que le nom du village soit évoqué. Bien que seigneurie «d'au-delà des bois» relevant du duché de Limbourg, aucun seigneur n'est mentionné à Tavier avant Jean, sire de Villers-aux-Tours en 1406. Les guerres de Louis XIV virent pendant 35 ans (1673-1708) nos villages soumis aux exactions des troupes étrangères, française, hollandaise, allemande, autrichienne, espagnole et même par la petite armée liégeoise. En 1650, Tavier est spolié par les troupes du Comte de Guytto.
Vers 1770, alors que Baugnée, une des autres seigneuries dépendant du duché de Limbourg, ne compte qu'un château et deux maisons, Tavier peut s'enorgueillir d'un château, un moulin banal, une brasserie banale, vingt-quatre maisons et l'église dédiée à saint Martin. Il est clairement établi que le Prince-Evêque de Liège, Notger (972-1008), fonda à Liège la Collégiale Sainte-Croix, consacrée le 23 octobre 986. Il la pourvut de revenus divers dont ceux en provenance de l'église d'Ellemelle et des quatre chapelles qui en dépendaient. L'Evêque fit ratifier la fondation et la donation le 5 avril 1004 par Henri II, Empereur d'Allemagne dont dépendait la Principauté de Liège.

Les plans de l'église paroissiale Saint-Martin furent dessinés par Barthélemy Digneffe et remaniés par Gilles Culp. Primitivement, le sanctuaire à trois nefs comprenait trois travées. Il fut agrandi vers l'Ouest en 1852 par l'architecte H. Dujardin qui reconstruisit la tour et aménagea une quatrième travée dans l'espace intérieur récupéré. La nef et le choeur de 1765 comprennent un soubassement de moellons de grès et calcaire jusqu'aux appuis de fenêtres; le reste de la maçonnerie est en briques. La tour occidentale est cantonnée de harpes de calcaire avec des bandeaux horizontaux à mi-hauteur. Quant au portail, il date lui de la construction initiale de l'édifice.
Jouxtant l'église, l'imposante ferme-château date pour l'essentiel du XVIIe siècle, et domine à l'Est la vallée de la Magrée. La construction réalisée en trois étapes au moins s'organise au départ d'un donjon autour de la cour. Les bâtiments agricoles sont groupés en ordre serré et dominés par le logis. La façade arrière est dominée par une tour d'escalier partiellement englobée dans le logis. A droite, un retrait de celui-ci délimite une petite cour. Cette façade est dominée au Sud-Ouest par une élégante échaugette en briques et calcaire, reposant sur trois consoles. Un pavillon octogonal d'ardoises terminé par un petit bulbe de zinc la recouvre.

A l'Est de la cour, le grand volume en moellons de calcaire et de grès assisés comprend la grange vraisemblablement du XVIIe siècle. Au Nord, face au logis, les étables sous fenil ont été remaniées au XIXe siècle dans les percements. Au Sud, dans le prolongement du logis, deux volumes de hauteurs différentes datent eux aussi probablement du XVIIe siècle. Enfin, à l'intérieur, il faut noter la pièce à mezzanine qui aurait pu être une chapelle privée, les monumentales cheminées en calcaire du XVIIe siècle au rez-de-chaussée, et du XVIe siècle au premier, ainsi que la chambre avec des boiseries d'alcôves du XVIIIe siècle.
Les habitations du village essentiellement en moellons de calcaire, des XIXe et XXe siècles, sont groupées autour de l'église et de la ferme fortifiée. La rue principale suit la crête et est recoupée par quelques chemins secondaires et perpendiculaires.
Au coin de ce chemin s'élevait au début des années 1930, un café-billard. Tavier était le centre «commercial» et administratif de la commune. Plus loin, après l'église, on s'approvisionnait aussi à la Maison Henry-Samson, négociant-boulanger.







