![]()
Vien : le vieux quartier
![]()
Tout comme Anthisnes, l'histoire de Vien doit remonter à l'époque Gallo-romaine : la partie du Bois de Vien, comprise entre le «Rimpré» et la fontaine de La Rock portait autrefois le nom de «Chession de Vien». Les lieux-dits Cheslin, Chasselon ou Chession seraient d'anciens camps fortifiés romains. Le nom du village aurait pour origine une villa située prés du bois Deltour.
L' alleu (hameau) de Vilhen ou Vilhain avait été donné à l'abbaye de Stavelot par Carloman, maire du Palais par un acte du 6 juin 747. Le grand-père de Charlemagne s'était donc penché sur le sort de notre petit village. Au Traité de Verdun en 843, Vien fait partie de la Principauté de Liège. Il constitue toutefois une seigneurie distincte d'Anthisnes. Le Comte Lambert de Montaigu (en Ardennes), propriétaire de l'alleu de Vilhen disputa le fief d' Anthisnes aux moines. Menacé par l'Evêque de Liège d'un procès devant la Cour Impériale, celui-ci renonça à ses prétentions.
En 1133, Nicolas de Hérock le donne aux moines de Waulsort. Mais Conon Spiruet et ses fils décident de s'emparer du domaine seigneurial et chassent les frères convers et les domestiques de l'abbaye. Ils se disaient les héritiers de Nicolas de Hérock. L'abbé de Waulsort les excommunia et eut recours à son Haut Voué, le Comte de Luxembourg. Après de longues négociations, un accord est conclu en 1235 entre les Spiruet et l'abbé de Waulsort devant Ermesinde, Comtesse de Luxembourg : Vien devenait un fief héréditaire appartenant à l'abbaye de Waulsort et dont les premiers vassaux furent les Spiruet.
L'histoire tumultueuse du village ne s'arrêtait cependant pas à cette nouvelle péripétie. Jean d'Outremeuse nous apprend qu'en 1334, Jean de Bohême, Comte de Luxembourg l'assiégea et s'en empara. C'était une des conséquences de la guerre de succession des Duchés et de la victoire des Brabançons à Woeringen.
En 1650, Jean de Boileau en devint le seigneur. En 1762, un de ses héritiers, le chanoine Pierre-Joseph Boileau légua la seigneurerie à Jacques de Beghein, échevin de Liège, qui le conserva jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. En 1768, le village possédait les hameaux de La Rock, des Floxhes et de Viegeai ainsi que le fief du Pouxhon à Anthisnes. A cette date, Vien et Anthisnes sont échangés par le Prince-Evêque contre les seigneureries de Choz, de Sclessin et d'Ougrée appartenant à l'Abbaye de Stavelot. Vien retournait à la Principauté à laquelle le fils de Charles Martel l'avait donné.
Le contrat d'échange stipulait que la proportion des tailles respectives des deux villages était de 38 pour Anthisnes et 14 pour Vien. Il semble qu'à cette époque, la population du hameau était de 150 habitants environ. Les deux seigneureries devinrent un des centres importants des possessions de Stavelot : à elles seules, elles supportaient 33% du budget et formaient une des quatre compagnies (100 hommes).
Par la Loi française du 1 octobre 1795 mettant fin à la Principauté de Stavelot-Malmedy, les deux villages sont réunis et vivront désormais un destin commun.
Situé sur la crête, le village primitif s'organisait autour de l'ancien manoir et de la ferme SaintLaurent. Le «Vieux Château de Vien» est situé dans le coude de la voirie, rue d'une tour circulaire à coiffe polygonale. C'est aujourd'hui une ferme semi-clôturée regroupant autour d'une cour partiellement pavée, des bâtiments en moellons de calcaire et de grès datant pour l'essentiel des XVIIè et XVIIIè. Elle a subi de nombreuses modifications au cours du temps. D'après un dessin inédit du XVIIIè de Remacle Le Loup, c'était un important quadrilatère ponctuée de tours circulaires et dominé au Nord par un haut donjon médiéval.
La première église, la chapelle seigneuriale, fut démolie vers 1690. A côté du «Vieux château», l'église paroissiale Saint-Remy bordée au Sud par l'ancien cimetière est un bâtiment en style néoroman de 1854, remanié et agrandi en 1899 d'après les plans de l'architecte L. Piron. Flanquée à gauche d'une tourelle carrée et à droite de la chapelle des fonds baptismaux, nous trouvons une haute tour de plan quadrangulaire sous pavillon, prolongée par une nef et des collatéraux réunis sous une même bâtière et par un choeur à trois pans. Attenante et face à la sacristie, la chapelle castrale des de Moffarts était autrefois accessible par une porte cintrée portant les armoiries de Camille de Moffarts et de son épouse Marie Roly de Vien. L'édifice est élevé en moellons de grès pour la nef et la tour, sur un soubassement de moellons calcaire assisés, et est délimité à l'Ouest par un bandeau calcaire mouluré.
L'intérieur de l'église a été restauré dans les années 1980. Les fermes de la charpente sont laissées apparentes et les nefs sont séparées par des colonnes en tubes métalliques sur hautes bases calcaires polygonales. Face à l'entrée de l'église, encastrée dans le mur du jardin du château, le promeneur découvre une niche cintrée millésimée 1672 abritant un Vierge en bois du XVIIIe siècle.
Autour du Vieux Château de Vien et de l'église, nombre de constructions méritent notre attention.





